LE FLAMENCO
On croirait le FLAMENCO venu du fond des
âges, pourtant il n'apparaît au grand jour qu'au 18ème siècle même si ses
bases sont beaucoup plus anciennes. L'origine du nom, l'étymologie, est-elle même
sujette à controverse mais il est généralement admis que Flamenco correspond
à Flamand, des nobles qui arrivèrent à la suite de Charles V.
Le Flamenco est tout à la fois un chant, une danse, une musique, un style et en
fait un art véritable avec sa technique et ses subtilités, un art qui s'est
construit au fil des siècles, en puisant dans le meilleur de 3 cultures différentes,
solidaires à certaines époques tragiques de leur histoire commune. Le
Flamenco, c'est l'âme de 3 peuples : Gitan, Arabe et Juif.
Les Gitans arrivent en Andalousie en 1438, venant de l'Inde, après avoir
traversé l'Europe (Turquie, Bulgarie, Roumanie (ROM) France, Catalogne, ou par
l'Afrique du Nord. Ils trouvent en place des populations juives et arabes avec
lesquelles ils vont cohabiter. Les années passent, souvent terribles, sur cette
terre andalouse que tous croyaient être un paradis. Les persécutions, les mépris,
les exactions, les révoltes, les "guerres de Grenade" qui de 1502 à
1570 furent une guerre civile,... Il faudra longtemps pour que le calme
revienne, surtout dans les esprits et les coeurs.
Le Flamenco exprime tout ce vécu tragique, cette émotion poignante, cette
indicible douleur. Déjà, les paroles, dans leur simplicité mais aussi leur
puissance expriment la prière, la révolte, la nostalgie, tout ce qui ronge la
mémoire et le coeur...
Le chant, la danse, sont là comme des exutoires où l'on rejette le trop plein.
Le Flamenco qui est la mémoire de 3 peuples, de 3 cultures, a su en faire une
synthèse pour former un art commun, qui atteint au sublime, unissant le
raffinement Maure au pathétique Juif et au rythme incomparable des Gitans, avec
une gestuelle à la fois pathétique, hiératique, revoltée qui accompagnent
des rythmes bien appropriés ; mais il y a toujours dans le Flamenco la pureté
du geste et de l'attitude qui fait penser parfois à la pureté gestuelle des
danses de l'Inde où la danse est un art sacré.